Extrait de "Maurice Richard l'Idole d'un peuple" par Jean-Marie Pellerin, Éditions de l'Homme, Montréal, 1976, p.207.
Un peu après les fêtes, Maurice qui avait fait les manchettes des journaux plus souvent qu'à son tour céda sa place à un autre Canadien-Français. En effet, on ne parlait plus que du héros de la soirée du 28 février au Forum. À l'instar du Rocket, le capitaine des Canadiens, « Butch » (Émile) Bouchard fut, ce soir là, l'objet d'une fête grandiose.
Maurice profita de l'occasion pour honorer son copain : « Émile Bouchard. Le capitaine du Bleu-Blanc-Rouge. Un solide gaillard, type idéal de la race saine de chez nous. Probablement le meilleur joueur de défense du hockey moderne, à mon avis du moins, un homme d'affaires averti et, qui est plus, un excellent père de famille qui devrait servir d'exemple à toute la jeunesse du pays. De plus, « Butch » descend de l'une des plus vieilles familles du Canada français et, comme nos érables, il promet de continuer», déclara Maurice.
Il va sans dire que le grand « Butch » apprécia grandement cette soirée organisée en son honneur, lui qui répondait en tous points au portrait tracé par le Rocket.
Maurice qui détestait la flatterie n'avait pas la louange facile. Mais en observateur averti, il savait reconnaître le talent et il a toujours su applaudir les succès de ses compatriotes. C'est pourquoi il n'avait pas hésité à qualifier son coéquipier de « meilleur joueur de défense du hocket moderne ». C'était parce qu'il le pensait vraiment.
